dimanche 25 avril 2021

Sunday Roast afternoon

Si vous y repensez, il y a bien un album que vous chérissez mais que la production de l’époque a un peu ruiné. Avec les années vous vous êtes fait une raison, mais y a toujours eu cette guitare bizarre ou cette grosse caisse qui vous ont empêché de le considérer comme le disque à poser sur la cheminée pour prouver impressionner les nanas que vous aviez galéré eu à l’usure ramenées à la maison. Et bien c’est un peu l’histoire de Gerald Manns, musicien teuton qui ne s’est jamais fait à la production atroce du dernier album des Clash. 

(exemple d'un "[...] album chéri qui a pâti d'une production décevante" - Pierre)

Attention, on parle ici de Cut the crap. En 1985, Mick Jones est déjà parti, le batteur original a été remplacé par Pete Howard et je ne suis même pas sûr que Paul Simonon soit encore de la fête. Bref ça sentait déjà le naufrage avant d’entrer en studio, mais Joe et son manager Bernie Rhodes ont quand meme pensé que ce serait une bonne maniere de faire du fric idée. Donc le groupe enregistre une espèce de monstre, mélange gluant de guitares amateurs et hymnes de football anglais avec des batteries programmées au fond (oui mais par Pete Howard). Le tout noyé dans les synthés 80’s et basses funky. La voix de Strummer n’est pas en reste, et est bien sûr malmenée comme il se doit sous les overdubs et autres filtres radio en tout genre. Bref, je vais être honnête, je n’ai jamais écouté l’album en entier, et c’était plus par curiosité après être tombé sur l’interview de Gerald (à partir d’ici je ne parle plus de Pete Howard). Mais si vous aussi vous aimez le risque, allez jeter un coup d’œil ici. 

Notre Manns qui en attendait pas mal de Cut the crap était resté stupéfait par la déception à l’époque de sa sortie, et s’était résigné à chercher une alternative dans les versions live ou les bootlegs par-ci par-là. Car, pour revenir au début de mon histoire, le mec non content d’être déçu par la prod, adorait quand même les chansons. Il a de fait passé des années à amasser du matos inédit, des concerts, des bouts d’enregistrements sauvés des mains d’un ingénieur du son sourd, etc. Et puis au fil des ans, le gars a nourri une idée improbable: réenregistrer Cut the crap en utilisant tout ce matériel, et pouvoir enfin poser la pochette de l’album sur la cheminée pour quand vous savez. Je vous passe les détails de l'entreprise mais en gros, Gerald Manns a employé les mêmes instruments et amplis utilisés lors des albums précédents (je crois bien qu’il a même racheté des guitares pour l’occasion, histoire de coller au son de Mick). Réenregistrés les solos, les lignes de basses et reprogrammés les batteries sans faire appel à Pete Howard (ah merde), le mec a passé des heures au mixage en faisant appel à un pote ingé-son (un peu comme Betsouin avec les chutes des HarryRags). Finalement la voix de Joe Strummer a été intégrée aux parties instrumentales et le tout soigné aux petits oignons. Le résultat? Et bien franchement un bon album des Clashs sobrement intitulé Mohawk Revenge. Si vous voulez écouter le résultat de Gerald Manns, c’est par ici.

Personnellement je n’ai jamais été à fond Clash, mais je dois bien admettre que ça sent le travail de fan et les chansons, aussi bien que la production, s’alignent vraiment. Bien sûr on parle d’un album punk et je sais très bien à qui je m’adresse ici hein. Ça ne sera pas la découverte du siècle pour vous les gars. Mais je trouvais l’histoire intéressante et qui sait, peut-être inspirante pour qui voudrait dépoussiérer les bandes volées du dernier Busted Electric Noise.

Si vous voulez lire son interview, allez plutôt là.

- Leming -


jeudi 24 septembre 2020

Elia y Elizabeth – La Onda de Elia y Elizabeth (1972-1973)

La Gran Ciudad de Elia y Elizabeth en Amazon Music - Amazon.es

 

De la pop colombienne du début des années 70.

Elles sont jeunes, elles vivent dans un pays tropical et chantent l'amour, l'amitié, la découverte du monde... Bref c'est frais.

mercredi 23 septembre 2020

Pedro Santos - Krishnanda (1968)

 

popsike.com - Pedro Santos Krishnanda Brazil LP grooves Breaks Psych  MINT/MINT Amazing - auction details 

 


Je voulais continuer la série brésilienne avec cette perle psyché. Pedro Santos invente des percus, compose pour les autres et se livre à ses rites spirituels. Puis un jour de 1968, il sort son unique album. Une balade en pirogue sur l'Amazone. L'album mélange un peu tout: plusieurs rythmes do brasil y passent et sur lesquels on ose ajouter de multiples effets. A l'image du gorille qui orne la pochette (allez savoir ce qu'un gorille fout dans la selva), ça peut partir en vrille et le petit tour en pirogue n'est pas toujours paisible mais toujours plaisant.

D'autres postes vont suivre dans les semaines à venir.


samedi 16 mai 2020

Cartola - Cartola II (1976)


Coucou les copains, on va rester au Brésil.
Voici un autre grand disque découvert à Rio.
Je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu un morceau de Cartola à Carioca da Gema, le CBGB de la samba. Les groupes enchainaient les classiques de samba, tout le monde dansait et chantait en cœur.  J’étais comme un fou, j’avais touché quelque chose d’indicible. 

Cartola c’est un peu le papa de la samba. 
Il nait en 1908 et grandit à Mangueira une des premières favelas de Rio. A 15 ans, son père le met à la porte et à 19 ans, il fonde la deuxième école de Carnaval de Rio, l’Estação Primeira de Mangueira, et compose la chanson qui leur permet de remporter en 1930 le premier titre de champion de l’histoire du Carnaval. Pendant 10 ans, il écrit pour les plus grands interprètes blancs du Brésil. 

Si cette époque vous intéresse, je vous conseille de lire « Depuis que la samba est samba » de Paulo Lins qui nous plonge dans l’ambiance bohème du Rio des années 20, où se croisent poètes, musiciens, truands et prostituées.

Cartola disparaît ensuite de la vie artistique carioca. Sa femme meurt, il souffre d’une méningite et sombre dans l’alcool. Il devient laveur de voiture le jour et vigile la nuit.

L’histoire de Cartola aurait pu s’arrêter là, mais en 1956 un journaliste le reconnaît et le pousse à se réinsérer dans le monde de la musique. Dans les années 60 aidé par la reconnaissance des artistes de Bossa Nova, il ouvre le restaurant Zicartola avec sa nouvelle femme. Pendant deux ans, Zicartola deviendra un haut lieu de la vie artistique et de la résistance antimilitariste brésilienne.
Ce n’est qu’à 66 ans, en 1974 que Cartola enregistre son premier album. 
C’est de son deuxième album qui sort deux ans plus tard dont je vais vous parler. 


Comme le premier, ce disque est enregistré à contre courant de son époque. La production fine et discrète, laisse toute la place aux compositions. Toujours à la première personne, Cartola parle d’amour et des errements de sa vie.
Un disque n’a jamais aussi bien illustré l’expression saudade, ce sentiment mélant mélancolie, joie et tristesse comme l’attestent « As rosas não falam » ou encore « O Mundo é um Moinho », le magnifique titre qui ouvre l’album.  
« Preciso me Encontrar » est certainement la plus connue et peut être la meilleure chanson. Curieusement, elle n’est pas à créditer à Cartola mais à Candeia. Vous l’avez peut être entendu dans film « la cité de Dieu » de Fernando Meirelles et Kátia Lund.

Ce disque est beau à en chialer dans sa caipirinha , le tout est ultra sincère…
Mais ne vous inquiétez pas, on y trouve aussi des morceaux plus enjoués comme « Nao posso viver Sem Ela » et « Aconteceu » qui sont devenus des classiques de nos mixs pour apéros ensoleillés! 


mardi 12 mai 2020

Novos Baianos - Acabou Chorare (1972)

Voici un album que je poste ici pour Seb mais aussi pour faire croquer les copaings au passage.
Je lui dois bien ça car il m’a fait découvrir il y a quelque temps un magnifique album qui ne me quitte plus depuis : "Toquinho e Vinicius" (1971) . C’est clairement pour moi un « instant classic », dès la première écoute on sent qu’on a affaire à un chef d’oeuvre (le voici en entier ici) : 


Donc merci encore Seb, mais revenons à nos moutons. L’idée est de lui renvoyer l’ascenseur brésilien avec ce disque qui pour moi est un vrai bijou qui frôle la perfection. Là aussi dès la première écoute on sait qu’on a affaire du lourd. C’est pour moi un album qu’on met du début à la fin sans s’emmerder et à la fin on se dit « déjà ?!».

Ce qui frappe quand on lance le disque c’est la bonne humeur. On se prend direct une nuque de bonheur, on entend littéralement le sourire du chanteur et de la chanteuse, ils sont heureux et la joie est communicative. On a l’impression d’être à l’apéro à Bahia avec eux, ce qui est plutôt cool vu leurs gueules (et un sosie de Med de plus de trouvé, époque feria « on m’a volé mes lunettes »).


Le « bonheur » c’est d’ailleurs tout le concept de l’album : « Acabou Chorare » ça veut dire « Fini de chialer ».
Donc on est moins dans la « saudade » du Toquinho et Vinicius mais dans quelque chose de plus solaire et enjoué, même si toujours « MPB ».
C’est d’ailleurs étonnant quand on sait que leur mentor sur cet album n’est autre que le maitre de la nostalgie : Joao Gilberto en personne. (Il passait les voir en studio pendant l’enregistrement pour les conseiller.)

Le groupe casse donc les codes classiques en apportant un peu d’électricité et des influences rock psyché 70’s qu’on peut ressentir notamment sur « Tinindo Trincando » ou « Um Bilhete Pra Didi » ; mais aussi par la présence massive de 12 cordes tout le long de l’album (je crois que leur gratteux était super fier de son acquisition et a décidé de juter un max avec).

Perso ce n’est pas ce côté « Samba Hendrix » que je préfère sur l’album, mais plutôt la manière plus subtile qu’ils ont de jouer et faire sonner la bossa comme sur la magnifique « Preta Pretinha » (mon titre préféré). C’est simple, efficace et surtout sincère :


J’aime beaucoup aussi : « Brasil Pandeiro », « A Menina Dança » et « Besta é tu ».

Tout n’est pas super propre (à l’inverse du chirurgicale Joao Gilberto ) mais c’est dans ça que tout le charme de cet album réside. Les mecs s’amusent, on sent qu’ils maitrisent parfaitement leur art mais dans un joyeux bordel : les choeurs chantés à 10, les percus, les fins foutraques …

Bref c’est des hippies brésiliens qui font de la musique comme ils jouent au foot, avec romantisme. Y’a pas de numéro derrière le maillot, et comme souvent en amérique du sud, à la fin ça fait but.
C'est pas pour rien que leur troisième album s’appelle « Novos Bahaianos F.C »


dimanche 10 mai 2020

Mauskovic dance band – Repeating night & Down in the basement




Puisque j’en parle dans le post précédent, pourquoi pas dire deux mots à propos du Mauskovic dance band et de leurs deux premiers EP.

Avec les potes de Locarno ça faisait quelque temps qu’on voulait dépoussiérer la programmation et sortir du groupe garage lambda signé sur Howling Banana… En 2017, le Mauskovic Dance Band était en tour en Suisse pour présenter son premier EP. On a sauté sur l’occasion.

Le groupe hollandais arrive au bar, ultra chill, ultra jeune, expédient les balances en un rien de temps sans trop faire attention à nous… le genre de groupe têtes à claques. 

Le concert commence et là, la claque c’est moi qui la prend…
De la meuf échouée au bar avant d’aller en dicothèque au fan invétéré de Pearl Jam, tout le monde danse. 
C’est ultra frais, ça ressemble à rien, un beau pot pourri d’Afro Beat, Cumbia, Disco et pop psyché. Chanteur ultra à l’aise, bassiste parfait, batteur et percussionniste qui déroulent, le petit con à droite baise son clavier mieux que Brice dans ses heures de gloire.
Putain, les mecs me rendent jaloux et pour la première fois de ma vie que je me sens vieux con.

Un petit extrait du concert :



Suite à cette expérience un peu traumatisante, le Mauskovic Dance Band est revenu jouer chez nous une fois puis, plus rien. Trop chers, ils ont le succès qu’il méritent et on ne va pas s‘en plaindre !

Ah oui les disques... pour certains, le son "électronique" ne rend pas honneur à la performance scénique mais bon c'est peut-être là aussi une réaction de vieux con... ;)
Le premier 45 « Reapeting night » est sorti en 2017 sur le label suisse, Bongo Joe qui a aussi accueilli Altin Gun, Cyril Cyril et l’éclair. 
Down in the basement est lui sorti sur le désormais fameux label Soundway Records.

Au passage, si vous avez leurs nouveaux albums en mp3, je suis preneur. La bise.



Bananagun - Do Yeah



Dans la même veine que les posts de Manu et Alex,  je vous propose le premier disque d'un jeune groupe australien nommé Bananagun.

Là aussi, les influences pop 60’s sont multiples. Pour l’instant ils n’ont sorti que ce 45 tour, 3 chansons allant de Os Mutantes (Do Yeah) à Kevin Ayers (Crane in the tiger’s mouth) en passant par Syd Barrett période Pink Floyd (Top Cat). Ils n'ont rien inventé mais le tout est prometteur. 


3 chansons, c’est pas beaucoup pour se faire une idée mais la sortie de leur premier album est prévue pour fin juin. Deux nouvelles chansons, "Out of Reach" et "People talk to much" (qui rappelle un peu le Mauskovic Dance Band) sont déjà disponibles. Affaire à suivre…