Voici un album que je poste ici pour Seb mais aussi pour faire croquer les copaings au passage.
Je lui dois bien ça car il m’a fait découvrir il y a quelque temps un magnifique album qui ne me quitte plus depuis : "Toquinho e Vinicius" (1971) . C’est clairement pour moi un « instant classic », dès la première écoute on sent qu’on a affaire à un chef d’oeuvre (le voici en entier ici) :
Donc merci encore Seb, mais revenons à nos moutons. L’idée est de lui renvoyer l’ascenseur brésilien avec ce disque qui pour moi est un vrai bijou qui frôle la perfection. Là aussi dès la première écoute on sait qu’on a affaire du lourd. C’est pour moi un album qu’on met du début à la fin sans s’emmerder et à la fin on se dit « déjà ?!».
Ce qui frappe quand on lance le disque c’est la bonne humeur. On se prend direct une nuque de bonheur, on entend littéralement le sourire du chanteur et de la chanteuse, ils sont heureux et la joie est communicative. On a l’impression d’être à l’apéro à Bahia avec eux, ce qui est plutôt cool vu leurs gueules (et un sosie de Med de plus de trouvé, époque feria « on m’a volé mes lunettes »).
Le « bonheur » c’est d’ailleurs tout le concept de l’album : « Acabou Chorare » ça veut dire « Fini de chialer ».
Donc on est moins dans la « saudade » du Toquinho et Vinicius mais dans quelque chose de plus solaire et enjoué, même si toujours « MPB ».
C’est d’ailleurs étonnant quand on sait que leur mentor sur cet album n’est autre que le maitre de la nostalgie : Joao Gilberto en personne. (Il passait les voir en studio pendant l’enregistrement pour les conseiller.)
Le groupe casse donc les codes classiques en apportant un peu d’électricité et des influences rock psyché 70’s qu’on peut ressentir notamment sur « Tinindo Trincando » ou « Um Bilhete Pra Didi » ; mais aussi par la présence massive de 12 cordes tout le long de l’album (je crois que leur gratteux était super fier de son acquisition et a décidé de juter un max avec).
Perso ce n’est pas ce côté « Samba Hendrix » que je préfère sur l’album, mais plutôt la manière plus subtile qu’ils ont de jouer et faire sonner la bossa comme sur la magnifique « Preta Pretinha » (mon titre préféré). C’est simple, efficace et surtout sincère :
J’aime beaucoup aussi : « Brasil Pandeiro », « A Menina Dança » et « Besta é tu ».
Tout n’est pas super propre (à l’inverse du chirurgicale Joao Gilberto ) mais c’est dans ça que tout le charme de cet album réside. Les mecs s’amusent, on sent qu’ils maitrisent parfaitement leur art mais dans un joyeux bordel : les choeurs chantés à 10, les percus, les fins foutraques …
Bref c’est des hippies brésiliens qui font de la musique comme ils jouent au foot, avec romantisme. Y’a pas de numéro derrière le maillot, et comme souvent en amérique du sud, à la fin ça fait but.


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