Si vous y
repensez, il y a bien un album que vous chérissez mais que la production de l’époque
a un peu ruiné. Avec les années vous vous êtes fait une raison, mais y a toujours eu cette guitare bizarre ou cette grosse caisse qui vous ont empêché de le considérer
comme le disque à poser sur la cheminée pour prouver impressionner
les nanas que vous aviez galéré eu à l’usure ramenées à
la maison. Et bien c’est un peu l’histoire de Gerald Manns, musicien teuton qui
ne s’est jamais fait à la production atroce du dernier album des Clash.
(exemple d'un "[...] album chéri qui a pâti d'une production décevante" - Pierre)
Attention, on
parle ici de Cut the crap. En 1985, Mick Jones est déjà parti, le
batteur original a été remplacé par Pete Howard et je ne suis même pas sûr que
Paul Simonon soit encore de la fête. Bref ça sentait déjà le naufrage avant
d’entrer en studio, mais Joe et son manager Bernie Rhodes ont quand meme pensé que ce
serait une bonne maniere de faire du fric idée. Donc le
groupe enregistre une espèce de monstre, mélange gluant de guitares amateurs et
hymnes de football anglais avec des batteries programmées au fond (oui mais
par Pete Howard). Le tout noyé dans les synthés 80’s et basses funky. La voix
de Strummer n’est pas en reste, et est bien sûr malmenée comme il se doit sous
les overdubs et autres filtres radio en tout genre. Bref, je vais être honnête, je n’ai
jamais écouté l’album en entier, et c’était plus par curiosité après être tombé
sur l’interview de Gerald (à partir d’ici je ne parle plus de Pete Howard).
Mais si vous aussi vous aimez le risque, allez jeter un coup d’œil ici.
Notre Manns qui en attendait pas mal de Cut the crap était resté stupéfait par la déception à l’époque de sa sortie, et s’était résigné à chercher une alternative dans les versions live ou les bootlegs par-ci par-là. Car, pour revenir au début de mon histoire, le mec non content d’être déçu par la prod, adorait quand même les chansons. Il a de fait passé des années à amasser du matos inédit, des concerts, des bouts d’enregistrements sauvés des mains d’un ingénieur du son sourd, etc. Et puis au fil des ans, le gars a nourri une idée improbable: réenregistrer Cut the crap en utilisant tout ce matériel, et pouvoir enfin poser la pochette de l’album sur la cheminée pour quand vous savez. Je vous passe les détails de l'entreprise mais en gros, Gerald Manns a employé les mêmes instruments et amplis utilisés lors des albums précédents (je crois bien qu’il a même racheté des guitares pour l’occasion, histoire de coller au son de Mick). Réenregistrés les solos, les lignes de basses et reprogrammés les batteries sans faire appel à Pete Howard (ah merde), le mec a passé des heures au mixage en faisant appel à un pote ingé-son (un peu comme Betsouin avec les chutes des HarryRags). Finalement la voix de Joe Strummer a été intégrée aux parties instrumentales et le tout soigné aux petits oignons. Le résultat? Et bien franchement un bon album des Clashs sobrement intitulé Mohawk Revenge. Si vous voulez écouter le résultat de Gerald Manns, c’est par ici.
Personnellement je
n’ai jamais été à fond Clash, mais je dois bien admettre que ça sent le travail
de fan et les chansons, aussi bien que la production, s’alignent vraiment. Bien
sûr on parle d’un album punk et je sais très bien à qui je m’adresse ici hein. Ça
ne sera pas la découverte du siècle pour vous les gars. Mais je trouvais
l’histoire intéressante et qui sait, peut-être inspirante pour qui voudrait dépoussiérer
les bandes volées du dernier Busted Electric Noise.
Si vous voulez lire son interview, allez plutôt là.
- Leming -


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