samedi 16 mai 2020

Cartola - Cartola II (1976)


Coucou les copains, on va rester au Brésil.
Voici un autre grand disque découvert à Rio.
Je me souviendrai toujours de la première fois que j’ai entendu un morceau de Cartola à Carioca da Gema, le CBGB de la samba. Les groupes enchainaient les classiques de samba, tout le monde dansait et chantait en cœur.  J’étais comme un fou, j’avais touché quelque chose d’indicible. 

Cartola c’est un peu le papa de la samba. 
Il nait en 1908 et grandit à Mangueira une des premières favelas de Rio. A 15 ans, son père le met à la porte et à 19 ans, il fonde la deuxième école de Carnaval de Rio, l’Estação Primeira de Mangueira, et compose la chanson qui leur permet de remporter en 1930 le premier titre de champion de l’histoire du Carnaval. Pendant 10 ans, il écrit pour les plus grands interprètes blancs du Brésil. 

Si cette époque vous intéresse, je vous conseille de lire « Depuis que la samba est samba » de Paulo Lins qui nous plonge dans l’ambiance bohème du Rio des années 20, où se croisent poètes, musiciens, truands et prostituées.

Cartola disparaît ensuite de la vie artistique carioca. Sa femme meurt, il souffre d’une méningite et sombre dans l’alcool. Il devient laveur de voiture le jour et vigile la nuit.

L’histoire de Cartola aurait pu s’arrêter là, mais en 1956 un journaliste le reconnaît et le pousse à se réinsérer dans le monde de la musique. Dans les années 60 aidé par la reconnaissance des artistes de Bossa Nova, il ouvre le restaurant Zicartola avec sa nouvelle femme. Pendant deux ans, Zicartola deviendra un haut lieu de la vie artistique et de la résistance antimilitariste brésilienne.
Ce n’est qu’à 66 ans, en 1974 que Cartola enregistre son premier album. 
C’est de son deuxième album qui sort deux ans plus tard dont je vais vous parler. 


Comme le premier, ce disque est enregistré à contre courant de son époque. La production fine et discrète, laisse toute la place aux compositions. Toujours à la première personne, Cartola parle d’amour et des errements de sa vie.
Un disque n’a jamais aussi bien illustré l’expression saudade, ce sentiment mélant mélancolie, joie et tristesse comme l’attestent « As rosas não falam » ou encore « O Mundo é um Moinho », le magnifique titre qui ouvre l’album.  
« Preciso me Encontrar » est certainement la plus connue et peut être la meilleure chanson. Curieusement, elle n’est pas à créditer à Cartola mais à Candeia. Vous l’avez peut être entendu dans film « la cité de Dieu » de Fernando Meirelles et Kátia Lund.

Ce disque est beau à en chialer dans sa caipirinha , le tout est ultra sincère…
Mais ne vous inquiétez pas, on y trouve aussi des morceaux plus enjoués comme « Nao posso viver Sem Ela » et « Aconteceu » qui sont devenus des classiques de nos mixs pour apéros ensoleillés! 


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