Pour ceux qui ne sont pas au courant, Mississippi Records est un super label basé à Portland. Ils font de très bonnes rééditions, principalement de Blues, Gospel etc. Ils n'ont pas de présence sur le web, mis à part leur mailing liste.
Un des deux mecs qui le tient possède un magasin de disques à Portland, depuis lequel il distribue notamment des compiles qu'il fait lui même, en cassettes et en très petit tirage (30-40 en général). C'est vraiment l'esprit mixtape : rien d'inédit, juste des morceaux super bien compilés. Chaque cassette a un thème.
Je vais en poster 4, dites-moi si vous aimez, j'en mettrai d'autres
mrc 001 - house of broken hearts, pt. 1 cs (early doo-wop, r'n'b, rockabilly and instrumentals)
Si les Royal Baths font partie de la scène Garage de la Bay de San Francisco, ce n'est pas pour autant qu'ils ressemblent à tout ce qui en sort actuellement. Et si l'on doit les comparer à un autre groupe de SF, ce serait plus au BRMC qu'au Sandwitches ou au Fresh & Onlys, bien que Jigmae Baer ait joué dans les Thee Oh Sees et Ty Seagall. Loin du Garage aux melodies Pop dont l'ex capitale des hippies est le principal vivier (avec notamment les groupes susnommés), "Litanies" est un album sombre qui penche plutôt du côté du Velvet période Nico. Si les guitares saturées, le son de base lourd et la rythmique minimaliste évoquent instantanément leurs influences, le chant partagé par Jigmae Baer et Jeremy Coxx (2 voix masculines contrairement à ce que l'on peut penser) et les choeurs inspirés de la Sunshine Pop Californienne permettent aux Royal Bath de se forger une identité propre. Et contrairement à la majorité des groupe revendiquant la filiation avec le plus grand des groupes New-Yorkais, les morceaux ne sont pas de longues transes insipides. L'album en lui même évolue; le rythme s'accélère, les morceaux s'étoffent. Passer des titres les plus Pop ("After Death" et "Nikki Don't", Tracks #1 & #2) à des morceaux plus sombres, distordus, à la rythmique Punk, comme "I Detest" ou "Sinister Sunrise" (la Face-B) se fait comme le passage de "Nico & The VU" à "White Light/White Heat" : On sombre dans la folie sans rien perdre de ce qui fait le charme de l'album, le duo de voix enchevêtrées et les choeurs lumineux.
Royal Baths - 2010 - Litanies http://www.mediafire.com/?wpt9w25yk33ye87
Les informations sur l'album "Impala Syndrome" ne courent pas les rues et sont toutes contradictoires les unes envers les autres. Difficile donc de parler de cet album, sachant qu'il il est impossible de savoir le line-up exact du groupe quand il a enregistré ni même où cela a t'il été fait. Concernant le groupe, on s'est qu'il s'est formé en 58, s'est dissout 3 ans après, avant de se reforme en 1962 autour du chanteur/compositeur Henry Stephen. Si le quintet devient vite populaire au Venezuela, il a du mal à passer les frontières. Confiant en leur potentiel, les 5 musiciens partent pour la Capitale du Rock en Europe, Madrid. C'est à partir de là que l'histoire du groupe devient trouble, le chanteur ayant embrassé une carrière solo assez rapidement tout en gardant comme nom de groupe "Los Impala". Néanmoins, en 1969, il semblerait que ce soit au complet que les Impalas se retrouvent aux Etats-Unis, à Chicago apparemment, pour enregistrer "Impala Syndrome". Entre temps, il est question de tournées en Europe, entre 66 et 68, avec deux albums et un live à la clef, mais rien de notable. Ce sera surtout l'occasion pour le groupe Sud-Américain d'écouter les groupes d'avant-garde européens, notamment le Cream de Clapton, Bruce et Ginger. Si l'on retrouve des similitudes vocales, l'ensemble est plus RnB/Beat sur la majorité des morceaux (comme "I Want to Hug the Sky", "Let Them Try"), plus Pop sur les 2 ballades ("New Time Love" et "Land of No Time", toutes les deux excellentes) et plus Psychédélique sur les morceaux ouvrant et cloturant le disque, "Too Much Time" et "Run (Don't Look Back)" - sans jamais tomber dans le côté Jam de la musique de 1969. Il est par contre assez difficile de nier le lien sur "Love Grows A Flower", qui rappelle énormément l'ambiance de "Disraeli Gears". Un compliment en soit.
Je profite du fait de parler d'un groupe de RnB pour poster un autre album que j'adore : "It's Smoke Time". Sorti en 1967 et en Allemagne uniquement (leur single "My Friend Jack" n'ayant été qu'un succès mineur en Angleterre, où il a été retiré des ventes assez rapidement pour ses allusion au LSD), l'album ne marche pas et le groupe disparait assez vite de la circulation. Néanmoins, Cet LP s'écoute tout seul, et plusieurs chansons retiennent bien l'attention. Je pense notamment à "Wake Up Cherylina" ou "If The Weather's Sunny", magnifique chanson Pop/Tropicale, qui sortira infructeusement en single, mais que Joe Dassin reprendra en français. Pas de chance.
Pond et The Silents forment avec Tame Impala la scène de Perth, plus grande ville de la côte Ouest australienne. Et oui, il y a également des bipèdes de ce côté là de la merveille la moins interessante du monde.
Les premiers à se faire repérer sont les Silents, qui signent début 2007 chez Ivy League, le label des Vines, avec qui ils tourneront la même année. Leur album "Things to Learn" sort en 2008 et passe inaperçu malgré le single "23", qui tourne régulièrement sur la plus grande radio indé australienne, "Triple J". Pendant ce temps, Tame Impala sort son premier EP chez Modular (le label de Wolfmother). Un an plus tard, Les Silents font le ménage, virent leur batteur et passe aux mains d'un label indé, pour qui ils enregistrent "Sun a Buzz". Pond, quant à eux, sortent 3 albums en autoprod et se font à leur tour remarquer par Hole In The Sky, le premier label de Tame Impala. Celui-ci programme la sortie de "Frond" à Juillet 2010, soit 2 mois après "Innerspeaker" et "Sun A Buzz". 2 mois pendant lesquels Tame Impala tournent avec The Silents en Australie et se font remarquer au point de faire la première partie de MGMT pour leur tournée américaine, qu'ils enchaineront par une tournée Européenne. Sachant que Pond est mené par Jay Watson (batteur de Tame Impala), que la batterie est tenu depuis début 2010 par Kevin Parker (Chanteur/Guitariste de Tame Impala) et que le leader des Silents est aux percussionx, on peut dire que 2010 n'aura pas été l'année idéale pour sortir "Frond", que le groupe n'aura pu défendre sur scène qu'à de rare occasions.
Profitant de 3 mois sans concert avec Tame Impala, Pond tournent en Australie où, à leur tour, ils feront la première partie de MGMT. L'occasion de redécouvrir leur album, plus 70's qu'Innerspeaker ("Betty Davies" rappelle "Open My Eyes" de Nazz, quand "Frond" et "Annie Orangetree" sonne comme deux Outtakes de Ziggy & the Spider from Mars) mais à la qualité de composition équivalente ("Cloud City" et "Sunlight Cardigan" sont superbes).