Je ne vais pas me lancer dans une bio des 2 artistes sus-nommés, d'autant plus que le Blogspot B-Sides en a fait une très bien sur Don Covay et le
Soul Clan. Pour Burke, sa mort récente a le malheureux avantage de fournir une pléthore d'articles et d'anecdotes. Celles concernant James Brown sont d'ailleurs assez drôles.
Rock N' Soul est un album (une compilation de singles) assez unique, ponctué de plus de guitares acoustiques et électriques que de cuivres. Malgré cela, et à l'inverse de son ami Don Covay (qui composa et co-composa plusieurs chansons pour lui, dont "Tonight's the Night" ou "You're Good to Me"), il ne sonne pas du tout comme le fleurissant Label Stax. Cet album rappelle "Modern Sound in Country & Southern Music" (Ray Charles, 1962) en version Pop/RnB. C'est au final assez peu étonnant, les 2 artistes partageant un goût prononcé pour la musique "Folklorique" américaine, que ce soit la Folk (il reprend Guthrie sur cet album, mais aussi "Maggie's Farm" de Dylan en 65) ou la Pop (Bert Berns, auteur de "Here Comes The Night" et "Twist & Shout", lui confie "Goodbye Baby, "You Can't Love Them All", "Cry to Me" et sa chanson la plus connue "Everybody Needs Somebody to Love", que Pickett et les Blues Brother rendront célèbre)
Le Rest Of sorti en 65 (un Best Of) comporte quelques doublons mais permet de se faire idée du rapprochement au son Stax et au style RnB en 1965, sans doute sur les conseils de son ami Don Covay qui y a déjà largement gouté. Sa meilleure chanson est pour moi la géniale "It's All Right", qui sonne comme du Ray Charles période Atlantic en version RnB, ce qui est amusant puisque Burke signa sur le Label New-Yorkais peu après que "The Genius" l'eut quitté pour ABC. On la trouve sur Deezer
Don Covay est quand à lui un artiste qui a commencé par le Rock n' Roll. Il doit le début de sa carrière à Little Richard, qui le laissa enregistrer son premier single (à Covay) accompagné par son groupe (à Pickett - voir le blog "B-Sides"). Une compil' de ses enregistrement est disponible ("Rockin' Years" je crois) mais je ne l'ai pas trouvé.
Sa carrière en tant que chanteur est beaucoup moins prolifique que celle en tant que compositeur, et c'est d'ailleurs sous cette casquette qu'il obtiendra son premier succès, "You're Good for Me". Ceux qui ont suivi ont comprit que l'interprète n'est autre que Solomon Burke. En tant qu'artiste, son style est beaucoup plus RnB que celui de son confrère d'Atlantic. Le son de son groupe y est pour beaucoup, et celui-ci est connu pour avoir acceuilli en son sein le jeune Jimmy Hendrix, qui partagerait les guitares avec Don Covay lui-même. L'originale de "Mercy, Mercy" par Covay est difficile à distinguer de la reprise des Stones tellement Jagger s'est inspiré de lui (et de James Brown), si ce n'est qu'elle est évidemment mieux chantée. Sur le même album, Mercy! (sorti en 65), on retrouve sa version de "You're Good To Me", évoquée plus tôt. Il est à noter que les Stones ne seront pas les seuls à s'interesser à lui, puisque les membres de Steppenwolf reprendront sur leur excellent premier album "Sookie, Sookie", que l'on retrouve sur See Saw, le deuxième LP de Covay. Ces 2 albums sont de vrais pépites RnB, et Covay est à mes yeux l'égal de Pickett (qui proposera lui aussi une version de "Mercy, Mercy" en 1966).
Solomon Burke - 1964 - Rock N' Soul :
http://www.mediafire.com/?kdu3inkpto7hgpm
Solomon Burke 1965 - The Rest Of Solomon Burke :
http://www.mediafire.com/?128k0z4p1u85aby
Don Covay - 1964 - Mercy! :
http://www.mediafire.com/?498tqpcqq3i7htg
Don Covay - 1965 - See Saw :
http://www.mediafire.com/?hw4165bci2d6pzz
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jeudi 21 avril 2011
vendredi 15 avril 2011
Bo Diddley - 1970 - The Black Gladiator
En 1970, Bo Diddley, à l'instar de la plupart des Bluesman, a du mal à se relancer après que la British Invasion l'ait remise sur le devant de la scène. 2 ans plus tôt, il s'était compromis en sortant (avec Muddy Waters) 2 albums de Jam peu inspirés, le premier accompagné de Little Walter, le second d'Howlin' Wolf. Si l'affiche est alléchante, il faut bien comprendre qu'il s'agit ici de la pire invention de toute l'histoire de la musique : Le Super Group. A cette époque, Beck et Yardbirds jouent ensemble au sein des Yardbirds et font des merveilles aux côtés de Donovan en Studio. Clapton fait parti du meilleur groupe de Blues anglais. Steve Winwood marche sur l'eau avec le Spencer Davies Group. Ces 4 artistes ont en commun leurs passions respectives pour Hooker, B.B. King, Waters, Diddley. Alors, si leurs idoles commence à tricoter du mauvais Blues ensemble, pourquoi ne le feraient ils pas eux-aussi? Résultat, en moins d'un an, les groupes sus-nommés éclatent et donnent naissance à Blind Faith, au Jeff Beck Group et à Led Zep' (qui reste le meilleur de ces 3 groupes, c'est peu dire).
Mais quel est le rapport avec "The Black Gladiator"?
Bo Diddley a bien compris qu'il gagnerait à garder son identité propre et à laisser son nom seul trôner sur une pochette d'album. Si son succès est en parti dû à sa guitare carré, ses accès de violence ("He's a Freak" chantait Betty Davies) et ses compositions égocentriques, ainsi en sera son come-back. Et c'est en ça que cette album est fabuleux. Bo Diddley se réinvente en ne changeant quasiment rien. S'inspirant du Stax fin 60's pour réactualiser son "Bo Diddley Beat", Bo plagie le son du label basé à Memphis, qu'il superpose au sien. "You Bo Diddley" et "Shut up Woman" sonne comme Booker T. et ses MG's l'accompagnant sur les classiques "Bo Diddley" et "I'm a Man".
La thématique des chansons répond à la même logique : Bien que toujours très égocentriques, machistes et pleines d'autodérision (l'album se conclut par une femme répondant aux insultes de Bo en lui disant qu'elle avait vu sa mère "trainer" du côté de Mexico City), elles se tournent vers le Black Power très en vogue chez les chanteurs Soul 60's qu'il a lui-même inspiré, James Brown et Isaac Hayes en-tête. L'un de ses chansons ("Hot Buttered Blues") fait d'ailleurs écho au "Hot Buttered Soul" que ce dernier a sorti un an auparavant. Et ca marche. En tout cas pour l'auditoire. Car cette album et le nouvel avatar de "Black Gladiator" qu'incarne Bo Diddley ne côtoieront jamais (plus jamais pour être tout à fait exact) les Charts.
Bo Diddley - 1970 - The Black Gladiator :
http://www.mediafire.com/?kdf543pal9xnz6x
Mais quel est le rapport avec "The Black Gladiator"?
Bo Diddley a bien compris qu'il gagnerait à garder son identité propre et à laisser son nom seul trôner sur une pochette d'album. Si son succès est en parti dû à sa guitare carré, ses accès de violence ("He's a Freak" chantait Betty Davies) et ses compositions égocentriques, ainsi en sera son come-back. Et c'est en ça que cette album est fabuleux. Bo Diddley se réinvente en ne changeant quasiment rien. S'inspirant du Stax fin 60's pour réactualiser son "Bo Diddley Beat", Bo plagie le son du label basé à Memphis, qu'il superpose au sien. "You Bo Diddley" et "Shut up Woman" sonne comme Booker T. et ses MG's l'accompagnant sur les classiques "Bo Diddley" et "I'm a Man".
La thématique des chansons répond à la même logique : Bien que toujours très égocentriques, machistes et pleines d'autodérision (l'album se conclut par une femme répondant aux insultes de Bo en lui disant qu'elle avait vu sa mère "trainer" du côté de Mexico City), elles se tournent vers le Black Power très en vogue chez les chanteurs Soul 60's qu'il a lui-même inspiré, James Brown et Isaac Hayes en-tête. L'un de ses chansons ("Hot Buttered Blues") fait d'ailleurs écho au "Hot Buttered Soul" que ce dernier a sorti un an auparavant. Et ca marche. En tout cas pour l'auditoire. Car cette album et le nouvel avatar de "Black Gladiator" qu'incarne Bo Diddley ne côtoieront jamais (plus jamais pour être tout à fait exact) les Charts.
Bo Diddley - 1970 - The Black Gladiator :
http://www.mediafire.com/?kdf543pal9xnz6x
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