En 1970, Bo Diddley, à l'instar de la plupart des Bluesman, a du mal à se relancer après que la British Invasion l'ait remise sur le devant de la scène. 2 ans plus tôt, il s'était compromis en sortant (avec Muddy Waters) 2 albums de Jam peu inspirés, le premier accompagné de Little Walter, le second d'Howlin' Wolf. Si l'affiche est alléchante, il faut bien comprendre qu'il s'agit ici de la pire invention de toute l'histoire de la musique : Le Super Group. A cette époque, Beck et Yardbirds jouent ensemble au sein des Yardbirds et font des merveilles aux côtés de Donovan en Studio. Clapton fait parti du meilleur groupe de Blues anglais. Steve Winwood marche sur l'eau avec le Spencer Davies Group. Ces 4 artistes ont en commun leurs passions respectives pour Hooker, B.B. King, Waters, Diddley. Alors, si leurs idoles commence à tricoter du mauvais Blues ensemble, pourquoi ne le feraient ils pas eux-aussi? Résultat, en moins d'un an, les groupes sus-nommés éclatent et donnent naissance à Blind Faith, au Jeff Beck Group et à Led Zep' (qui reste le meilleur de ces 3 groupes, c'est peu dire).
Mais quel est le rapport avec "The Black Gladiator"?
Bo Diddley a bien compris qu'il gagnerait à garder son identité propre et à laisser son nom seul trôner sur une pochette d'album. Si son succès est en parti dû à sa guitare carré, ses accès de violence ("He's a Freak" chantait Betty Davies) et ses compositions égocentriques, ainsi en sera son come-back. Et c'est en ça que cette album est fabuleux. Bo Diddley se réinvente en ne changeant quasiment rien. S'inspirant du Stax fin 60's pour réactualiser son "Bo Diddley Beat", Bo plagie le son du label basé à Memphis, qu'il superpose au sien. "You Bo Diddley" et "Shut up Woman" sonne comme Booker T. et ses MG's l'accompagnant sur les classiques "Bo Diddley" et "I'm a Man".
La thématique des chansons répond à la même logique : Bien que toujours très égocentriques, machistes et pleines d'autodérision (l'album se conclut par une femme répondant aux insultes de Bo en lui disant qu'elle avait vu sa mère "trainer" du côté de Mexico City), elles se tournent vers le Black Power très en vogue chez les chanteurs Soul 60's qu'il a lui-même inspiré, James Brown et Isaac Hayes en-tête. L'un de ses chansons ("Hot Buttered Blues") fait d'ailleurs écho au "Hot Buttered Soul" que ce dernier a sorti un an auparavant. Et ca marche. En tout cas pour l'auditoire. Car cette album et le nouvel avatar de "Black Gladiator" qu'incarne Bo Diddley ne côtoieront jamais (plus jamais pour être tout à fait exact) les Charts.
Bo Diddley - 1970 - The Black Gladiator :
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